Beau,
Comme l’aile du corbeau
Au revers de la prairie.
***
Un banc où
Un homme aurait pu y être assis -
Il aurait pu s’y laisser voir.
***
Longtemps,
J’ai regardé la pluie tomber
Frissonnant,
Sous sa fraîche buée.
Elle a déployé ses voiles dansants,
Troublé ma vision
Comme ces autres voiles immenses
Qui m’empêchent de Te voir.
***
Aux moments de rude chaleur,
Des tourbillons de poussière s’élèvent,
En rouges colonnes sous le Ciel.
***
© Les mots nécessaires
mercredi 25 novembre 2009
Miettes
Libellés :
Poemes
mardi 17 novembre 2009
Prédiction
Que ne sommes-nous plus que des âmes
S’envolant vers d’étranges contrées,
Des pays de mystère sans raison,
Des saisons en enfer, des passions.
Nos paroles, délices glacés,
Fondent, laissant place au grand silence,
Murmures dérisoires, futiles,
Rutilent, aléatoires, fragiles.
Les flambées soudaines de nos ventres
Gouverneront l’Oméga terrestre.
Le puit noir des damnations anciennes,
Peuplement de cent nations païennes.
© Les mots nécessaires
samedi 31 octobre 2009
Et le Rouge
Et le rouge bat en souffrance,

Et les iris bleus fleurissent
Et les eaux coulent en soupir
Et les yeux se percent d’étoiles.
Et le rouge vit en partance,
Et les blanches mains se ternissent
Et s’éteignent les musiques des lyres,
L’étoile chante aux cieux millénaires.
Les yeux se ferment aux rêves de Dieu.
©Les mots nécessaires.
lundi 27 juillet 2009
Mes amis reposant à l'ombre
Je vois. Un galet de grès rouge,
Sur un sentier en Aragon,
Sous le soleil blanc, rien ne bouge,
Les chênes verts, pas un frisson.
Mes amis reposant à l’ombre,
J’avance au hasard du chemin
Lumineux dans les bosquets sombres
Des orbes clairs dans mes deux mains.
Je vois. Au loin dans la vallée,
La forme d’une ville humaine
Tremblant de chaleur emballée
Effet d’une fièvre soudaine.
Mes amis reposant à l’ombre,
Je me suis avancé trop loin,
Parmi les rocs et les décombres,
Témoins d’un cataclysme ancien.
Je vois. Le crâne grimaçant
D’un mouton mort sans bon berger,
L’os blanc de la mort, moi passant,
Nulle crainte en mon cœur sorcier.
Mes amis reposant à l’ombre,
Je marche au milieu des symboles,
S’éclaire en moi toute pénombre
Car tout me parle en parabole.
Je vois. Un premier signe obscur
Et un second, illuminé.
La nuée obscure comme un mur
Et le fer d’un rayon igné.
Mes amis reposant à l’ombre,
Il est temps de m’en retourner.
De les éveiller sans encombre,
Avant la fin de la journée.
Je vois. Par l’air, l’eau et la terre,
Venir le grand feu terminal
Je dis. Que rien ne vous atterre,
Voici le moment germinal.
Aragon, près de Jaca, août 2008.
© Les mots nécessaires
dimanche 26 avril 2009
Aux Mangeurs de Terre
Les tronches baissées sur la soupe épaisse.
Les cuillères plongent avec volupté
Une lampe jaune, un abat-jour taché,
Crachent une lueur sur leur visage de glaise.
Visage de glaise,
Des ravines où coulent les pluies du temps.
Des chemins de pierres,
Une terre brûlée par le Soleil et le vent.
Vous verrez le vieux, le plus vieux,
Là-haut dans la vigne, courbé sous le ciel.
Il taille les membrures desséchées
Par l’hiver, et ses mains sont telles.
Mains de bois,
Aussi ridées que les sarments usés,
De trop d’années.
Le temps est seul à la vendange.
Le temps de trousser les ceps à passé.
Le temps des raisins verts à passé.
Le temps des fruits de Soleil a passé.
Le vin est tiré, il faut le boire.
Mains de bois,
Il ne te reste que le souvenir,
Le passé s’étire,
Les mots s’effilent et file la vie.
Vous verrez la vieille, la grise de joie.
Sans âge vraiment, en bas courbée,
Elle rit des lapins nouveau-nés
Elle est sagesse et ne pleure pas.
Larmes de poussière
Ne déchirent pas un cœur fier
De tant d’années.
Tu es belle de la vrai beauté.
Soixante années longues de devoir,
Elle se veut payée de ce que vous lui devez
Les fourneaux aussi vieillissent chaque soir
Il y a du désespoir dans ce poing fermé.
Front de ciel
Va-t’en coucher le vieux qui meurt,
Front au ciel,
L’aurore ne viendra plus, ce n’est plus l’heure.
Vous verrez l’autre, le fils qui est resté,
Ses bras s’allongent et racinent en terre,
Ses mains fermées ne craignent plus l’enfer
D’être sans pardon, d’être sans charité.
Tu as donné,
Où est la fille de tes vingt ans ?
Tu as donné,
Où sont les jours des fêtes d’antan ?
Il ne te reste que la terre à aimer,
Cela fait longtemps que ces gens-là t’ignorent.
Ils ne te laissent que la terre à aimer
Alors aime-là, aime-là encore.
Tu as donné.
On ne te laisse que ta solitude.
Tu as donné.
Et tu vois avancer ta vieillesse.
Ils attendront que la nuit recouvre
Le silence boueux d’une solitude à deux.
Et que monte la fumée d’une dernière cigarette,
Puis, plus rien que des étoiles à regarder.
Aux mangeurs de terre,
Laissez-moi taire
Mon plus grand respect.
Les cuillères plongent avec volupté
Une lampe jaune, un abat-jour taché,
Crachent une lueur sur leur visage de glaise.
Visage de glaise,
Des ravines où coulent les pluies du temps.
Des chemins de pierres,
Une terre brûlée par le Soleil et le vent.
Vous verrez le vieux, le plus vieux,
Là-haut dans la vigne, courbé sous le ciel.
Il taille les membrures desséchées
Par l’hiver, et ses mains sont telles.
Mains de bois,
Aussi ridées que les sarments usés,
De trop d’années.
Le temps est seul à la vendange.
Le temps de trousser les ceps à passé.
Le temps des raisins verts à passé.
Le temps des fruits de Soleil a passé.
Le vin est tiré, il faut le boire.
Mains de bois,
Il ne te reste que le souvenir,
Le passé s’étire,
Les mots s’effilent et file la vie.
Vous verrez la vieille, la grise de joie.
Sans âge vraiment, en bas courbée,
Elle rit des lapins nouveau-nés
Elle est sagesse et ne pleure pas.
Larmes de poussière
Ne déchirent pas un cœur fier
De tant d’années.
Tu es belle de la vrai beauté.
Soixante années longues de devoir,
Elle se veut payée de ce que vous lui devez
Les fourneaux aussi vieillissent chaque soir
Il y a du désespoir dans ce poing fermé.
Front de ciel
Va-t’en coucher le vieux qui meurt,
Front au ciel,
L’aurore ne viendra plus, ce n’est plus l’heure.
Vous verrez l’autre, le fils qui est resté,
Ses bras s’allongent et racinent en terre,
Ses mains fermées ne craignent plus l’enfer
D’être sans pardon, d’être sans charité.
Tu as donné,
Où est la fille de tes vingt ans ?
Tu as donné,
Où sont les jours des fêtes d’antan ?
Il ne te reste que la terre à aimer,
Cela fait longtemps que ces gens-là t’ignorent.
Ils ne te laissent que la terre à aimer
Alors aime-là, aime-là encore.
Tu as donné.
On ne te laisse que ta solitude.
Tu as donné.
Et tu vois avancer ta vieillesse.
Ils attendront que la nuit recouvre
Le silence boueux d’une solitude à deux.
Et que monte la fumée d’une dernière cigarette,
Puis, plus rien que des étoiles à regarder.
Aux mangeurs de terre,
Laissez-moi taire
Mon plus grand respect.
© Les mots nécessaires
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samedi 25 avril 2009
Des Mots (Je n'en ai Pas)
Je voudrais te dire :
Des mots de couleur,
Des mots bleu et des mots rivière,
Des mots oiseau et des mots bateau,
Des mots musique et des mots clairs, des mots vert et des mots caillou, des mots herbe et des mots feuille, des mots écureuil et des mots doux, des mots magiques, des mots petits, des mots grands, des mots univers, des mots terre et des mots chair, des mots homme et des mots femme, et des mots gratuits et des mots plaisirs et des mots flamboyant et feu et rouge et sang et chaud et vivant.
Des mots comme ça,
Je n’en ai pas
Alors je
Reste
Là
Ouvert
Comme un fruit
Comme un silence
Deux larmes accrochées aux paupières
De ma joie.
Je n’en ai pas
Alors je
Reste
Là
Ouvert
Comme un fruit
Comme un silence
Deux larmes accrochées aux paupières
De ma joie.
©Les mots nécessaires.
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Poemes
mercredi 4 février 2009
Les étoiles sont belles.
Les étoiles sont belles
Et pleurent en silence
Sur mes mains tendues.
Un fantôme passe,
Une ombre s’efface,
Sitôt tenue.
L’ombre de ta voix,
L’ombre d’un fou qui danse,
Les étoiles pleurent en silence
Et pleurent sur moi.
Les étoiles sont belles,
Et pleurent en silence,
Tu n’es pas là,
Presque oubliée.
Pourquoi venir me hanter ?
Je suis si loin de toi.
Les étoiles et la danse
Du fou si belles
Qu’une larme tombe du ciel
Et s’écrase sur ma joue.
Pourtant que la nuit est belle !
On dirait que le ciel,
Se penche sur moi,
Comme ma mère autrefois.
Une larme d’étoile coule sur ton cœur
Sur le bout de ton sein blanc,
Et voilà que tu prends peur,
Tu t’enfuis en riant.
Je reste là sans toi, mais je crois
Que le souffle
De l’écho
De ton rire
Est éternel…
La nuit est si belle,
Qu’un fou se lève qui danse de joie.
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samedi 31 janvier 2009
Que les Oiseaux du Ciel
Combien de temps faut-il à un fruit pour devenir l’arbre qui l’a porté ?
Vois -
Ce que je dépose en toi
Comme au fond d’une terre obscure.
Cela doit mourir pour renaître
Et que le Soleil le chauffe et que la pluie l’abreuve.
Que lentement cela grandisse.
Que les oiseaux du Ciel y fassent leur nid -
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mardi 27 janvier 2009
Ne sois pas trop dur
Ne sois pas trop dur, sa vie est courte,
Et on n’a rien pour rien.
Ne sois pas trop dur, s’il se vend ou s’achète,
On s’arrange comme on peut.
Ne sois pas trop dur, s’il se bat et meurt,
Pour ce qu’il n’a pas.
Ne sois par trop dur, s’il ment et s’il triche,
Son cœur s'endurcit.
Ne sois pas trop dur, il mourra bientôt,
Pas plus sage pour autant,
Ne sois pas trop dur, sa vie est courte,
Et on n’a rien pour rien.
(Inspiré de « Be not too hard » - Ch Coque, Donovan Leitch)
© Les mots nécessaires
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mercredi 21 janvier 2009
A mes pieds…
***
A mes pieds, les flaques
Les pas à pas d’un nuage
Marquant ses passages.
***
Haiku Urbain - Hiver (3)
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